LE ROL Sam

Une partie de la collection du Galion, le plus « beau musée de coquillages », qui fut démantelé en 2005 a accosté à l’abbaye d’Auberive à l’automne dernier.

L’histoire du Galion est indissociable de celle de son créateur Sam le Rol et de son fils Alain qui perpétua l’œuvre de son père tant qu’il le put.

Cette aventure commença en 1965 à la suite de la visite du Château de Chaumont-sur-Loire. Sam le Rol, ébéniste d’Auray en Bretagne entreprit de le reconstituer non pas en bois comme son métier aurait pu l’y inciter, mais dans un matériau beaucoup plus original : le coquillage. Avec son fils Alain, également ébéniste, ils vont pendant huit ans passer leur temps libre à créer des reconstitutions de lieu comme Sainte-Anne-d’Auray ou Venise.

Il fallait un lieu ; la transformation d’une péniche désaffectée de 1912 en Galion du 17ème siècle sera l’écrin de cette collection. Placée dans la baie du Bégo près de Plouharnel dans le Morbihan, elle devint dès son inauguration en 1973 en présence du navigateur Alain Colas le réceptacle des créations de Sam et Alain le Rol. Ils y constituèrent un véritable musée du coquillage fait de scènes hétéroclites évoquant les voyages imaginaires de ces créateurs singuliers.

Stylistiquement, ils se trouvent certainement à la croisée des univers de deux autres créateurs du coquillage, balançant ainsi selon les thèmes abordés entre le naturalisme de Youen Durand et le kitsch de Paul Amar.

Ils racontent des fascinations populaires : tableaux sous-marins, voyages exotiques chez les sultans, contes de fées, évocation du far west ou villages bretons anciens … Ceux-ci sont reconstitués en combinant carton et/ou contreplaqués recouverts de coquillages. La finesse du traitement, la volonté des créateurs de donner vie avec des personnages (eux aussi faits d’assemblage de coquillages) combinent la précision d’un maquettiste et la poésie rêvée des créateurs singuliers plus connus comme le Facteur Cheval ou Isidore Picassiette.

Alexia Volot, 2019.


Prêt(s) pour exposition(s)
  • Centre d’art contemporain de l’abbaye d’Auberive (2019, 2020)
Reproduction(s) dans nos parutions