
Du 5 juin au 25 septembre 2016
Commissaire d’exposition
Alexia Volot
Lieu
Centre d’art contemporain de l’abbaye d’Auberive
1 Place de l’abbaye
52160 Auberive
Haute-Marne
www.abbaye-auberive.com
Courbet et la nature. Regards croisés
Alexia Volot, 2016
En 2016, le centre d’art contemporain de l’abbaye d’Auberive fête ses dix ans d’ouverture.
A l’origine, il s’agissait de présenter la collection de la famille Volot, tournée vers l’expressionnisme figuratif, l’art brut ou singulier, termes souvent impropres mais nécessaires pour situer un art autour de l’intimité, du sentiment, du ressenti, du vécu… Un puissant panorama de l’humanité.
10 ans après, le propos reste le même tout en ayant muri. On s’aperçoit que ces « chapelles » sont illusoires, que les barrières du temps n’existent pas et que l’analyse des œuvres, les recherches des artistes se perpétuent et se répercutent à des siècles d’écart.
En réalité, nombre des artistes de la collection de l’abbaye d’Auberive regardent et se prévalent de leurs aînés. En 2010 déjà, nous avions fait l’expérience de mettre en regard un maitre du dessin, Alfred Kubin, avec des artistes contemporains qui se réclamaient de son héritage.
Cette année, nous avons la chance, en collaboration avec l’Institut Courbet, de proposer un dialogue autour des paysages de Gustave Courbet. Beaucoup connaissent le Courbet de L’Enterrement à Ornans (1849, 315 x 668 cm, Huile sur toile, Musée d’Orsay), ou de la scandaleuse Origine du Monde (1866, 48 x 55 cm, Huile sur toile, Musée d’Orsay), moins nombreux sont ceux qui connaissent son paysage car il ne saute à la vue du spectateur ni par ses dimensions, ni par ses provocations.
Ainsi l’Abbaye expose cette année plus de vingt oeuvres de Gustave Courbet, dont La Roche Pourrie, étude géologique présentée au Grand Palais en 2007 lors de la grande rétrospective dédiée à l’artiste.
Des œuvres issues de l’Institut Gustave Courbet, de collections privées et de musées : Musée Courbet à Ornans, Musée Max Claudet à Salins.
Parce qu’il aimait son « pays » de Franche Comté où il a grandi et qu’il connaissait si bien, la lecture de ces œuvres peut se faire à plusieurs niveaux. Le paysage classique, celui recomposé et idéalisé par les maîtres des siècles précédents, se confond chez Courbet avec un réalisme revendiqué – voire une impétuosité – mais également un symbolisme et même un mysticisme profond. Il peint ses paysages comme on entre en religion, avec passion et révérence. Il couche sur la toile autant ce qu’il voit que ce qu’il ressent comme une résurgence de son enfance, une madeleine de Proust.
Cela ouvre de larges possibilités de regards croisés, plus qu’on ne le penserait à priori. En effet, la matière, le réel ou l’illusion du réel, le symbole, la lumière de Courbet sont des champs d’explorations que l’on peut retrouver chez des artistes d’aujourd’hui : peinture collage chez Rebeyrolle, peinture matière chez Correia, Barrot, Cerredo ou Moser, peinture ou photographies reflets chez Paszko et Keller, vidéo texturisée chez Perconte, médium illusion chez Jospin. Comme Courbet, le paysage devient chez eux matière à ressentir et non plus seulement à voir.
Une salle sera consacrée à l’atelier de collaboration de Courbet dont faisaient partie Cherubino Pata, Marcel Ordinaire, ou Théophile Morel.
« Courbet et la nature. Regards croisés », Alexia Volot, 2016.
